Le chrome offre la plus haute dureté parmi les dépôts électrolytiques courants, mais sa résistance à la corrosion dépend presque entièrement de la sous-couche de nickel sur laquelle il repose.
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Tenue avant apparition de corrosion, selon le type de finition appliquée — valeurs indicatives à confirmer selon cahier des charges.
| Finition | Tenue au brouillard salin | Note |
|---|---|---|
| Chrome dur seul (sans nickel) | < 24 – 96 h | Couche microfissurée, protection limitée seule |
| Chrome décoratif sur double nickel | 200 – 600 h+ | Dépend de l'épaisseur totale du système Cu/Ni/Cr |
Dureté associée : 800–1100 HV — l'un des dépôts électrolytiques les plus durs
Bonne en surface (microfissuré), dépend fortement de la sous-couche nickel.
Le chrome décoratif repose systématiquement sur un système de nickelage préalable, souvent duplex, le chrome lui-même n'assurant qu'une protection de surface limitée du fait de sa microfissuration naturelle. Pour le chrome dur technique, appliqué directement sur acier ou fonte pour des pièces d'usure, la préparation de surface — rectification, dégraissage, activation anodique — conditionne l'adhérence d'un dépôt pouvant atteindre plusieurs dizaines de microns. Le passage du chrome hexavalent au chrome trivalent (Cr³⁺), imposé par la réglementation REACH, a modifié les paramètres de bain sans remettre en cause la dureté obtenue. La densité de courant et la température du bain trivalent doivent être ajustées avec plus de précision que pour l'ancien procédé hexavalent, la fenêtre de fonctionnement optimale étant plus étroite. Sur les pièces de grande dimension traitées en chrome dur, la répartition du courant dans le bain est également étudiée avec soin pour garantir une épaisseur homogène sur toute la surface active de la pièce. Des anodes de forme spécifique et des masques de protection sont fréquemment mis en œuvre pour concentrer le dépôt sur les seules zones fonctionnelles d'une pièce complexe, évitant un surdépaisseur inutile ailleurs.
La dureté Vickers du chrome dur (800 à 1100 HV) est vérifiée par microdureté sur coupe métallographique pour les pièces critiques, en complément du contrôle d'épaisseur par fluorescence X. La tenue au brouillard salin (ISO 9227) du système complet nickel-chrome est testée par échantillonnage pour valider la durée de protection contractuelle. Sur les pièces d'usure en chrome dur, un contrôle de rugosité de surface (Ra) est également réalisé après rectification finale, la fonction d'étanchéité ou de glissement de nombreuses pièces (vérins, axes) dépendant directement de cet état de surface. Un contrôle visuel systématique recherche par ailleurs les défauts caractéristiques du chromage — piqûres, brûlures de courant, zones ternes — qui trahissent un écart de paramètres de bain avant même toute mesure instrumentale. Sur les pièces à forte valeur ajoutée, un contrôle dimensionnel après rectification finale valide que la cote fonctionnelle exacte a bien été atteinte malgré l'épaisseur importante du dépôt de chrome dur.
Les pièces chromées transitant fréquemment entre étapes de nickelage et de polissage final, nos deux ateliers coordonnent les flux transfrontaliers avec certificat EUR.1, notamment pour les donneurs d'ordre de l'industrie aéronautique implantés des deux côtés de la frontière franco-suisse. Le chrome dur technique, souvent appliqué sur des pièces mécaniques volumineuses (vérins, axes de grande longueur), impose par ailleurs une logistique de transport adaptée au gabarit des pièces, coordonnée en amont avec le client. La rectification finale, lorsqu'elle est nécessaire pour atteindre la cote fonctionnelle exacte, peut être réalisée en interne ou chez un partenaire rectifieur selon la complexité de la pièce, dans le cadre d'une gamme entièrement pilotée par notre bureau technique.
En robinetterie et horlogerie, le chrome décoratif apporte un brillant et une dureté de surface qui protègent le nickel sous-jacent des micro-rayures du quotidien, sur une épaisseur volontairement fine (0,25 à 0,5 µm) qui ne modifie pas les tolérances dimensionnelles. Le chrome dur technique, à l'inverse, est appliqué en épaisseur importante sur des pièces mécaniques soumises à friction répétée — vérins hydrauliques, moules d'injection, axes de guidage — où sa dureté élevée limite l'usure abrasive et prolonge la durée de vie de la pièce. Sur les moules d'injection plastique, le chromage dur facilite en outre le démoulage et limite l'adhérence de la matière. Dans l'aéronautique, certaines pièces de train d'atterrissage ou de vérins hydrauliques exploitent cette même combinaison de dureté et de résistance à l'usure, sous réserve d'une conformité stricte aux spécifications matière du donneur d'ordre. Dans l'industrie mécanique générale, le chrome dur est également recherché pour restaurer une pièce usée à sa cote d'origine, une opération de réparation qui évite le remplacement complet d'un composant mécanique coûteux.