Au-delà de sa conductivité, l'or électrolytique se décline en plusieurs nuances de couleur normalisées (référentiel NIHS de l'industrie horlogère suisse), un critère décisif en horlogerie et joaillerie où la teinte doit rester identique d'un lot à l'autre.
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Référentiel NIHS utilisé par l'industrie horlogère suisse pour garantir une teinte reproductible lot après lot.
Aperçu de la teinte sur boîtier
Nuance sélectionnée : 2N — Or jaune classique
| Aperçu visuel | Nuance | Appellation | Description |
|---|---|---|---|
| 1N | Or jaune très clair | Faible teneur en cuivre, teinte pâle | |
| 2N | Or jaune classique | Nuance de référence en horlogerie suisse | |
| 3N | Or rosé clair | Légère dominante cuivrée | |
| 4N | Or rose | Dominante cuivrée marquée | |
| 5N | Or rouge | Forte teneur en cuivre, teinte soutenue |
Vue en coupe simplifiée du système de traitement, du substrat jusqu'à la finition de surface.
Excellente : métal noble, inoxydable et inaltérable à l'air.
Sur substrat laiton, argent ou acier inoxydable, le dépôt d'or électrolytique repose presque systématiquement sur une sous-couche de nickel de 5 à 10 µm, qui joue un double rôle : barrière de diffusion empêchant la migration du cuivre du substrat vers la couche d'or (source de ternissement à moyen terme), et nivellement de la surface avant la finition. Sur les pièces destinées à la connectique haute fiabilité, un flash de palladium-nickel peut être intercalé pour réduire la porosité et améliorer la résistance à la corrosion en environnement salin. La préparation de surface — dégraissage électrolytique, décapage acide, activation — conditionne directement l'adhérence du dépôt final et sa tenue à l'abrasion sur les composants d'habillage horloger. Le choix du bain de dorure (cyanuré ou non cyanuré) influence également la structure cristalline du dépôt : un bain cyanuré à haute pureté produit un grain plus fin, recherché pour les nuances 1N à 3N où la moindre irrégularité de surface se voit à l'œil nu sous éclairage direct. La température du bain et la densité de courant sont ajustées finement selon la nuance visée, la teneur en cuivre de l'alliage d'or déposé variant directement avec ces paramètres électrochimiques.
Chaque lot de pièces dorées fait l'objet d'un contrôle d'épaisseur par fluorescence X (XRF), méthode non destructive qui mesure la couche d'or déposée avec une précision de l'ordre du dixième de micron, essentielle pour valider le respect des épaisseurs contractuelles (0,1 à 2,5 µm selon l'application). Un procès-verbal de contrôle est archivé pour chaque lot, avec traçabilité du bain de dépôt, du temps d'immersion et de la densité de courant appliquée, permettant de reconstituer l'historique complet d'une pièce en cas de réclamation qualité ou d'audit client. Un contrôle visuel comparatif sous lumière normalisée D65 complète la mesure XRF pour valider la conformité de nuance (1N à 5N) par rapport à l'échantillon de référence fourni par le client, un point de contrôle spécifique aux pièces d'habillage horloger et de joaillerie où l'homogénéité de teinte entre pièces d'un même lot est aussi scrutée que l'épaisseur elle-même. Sur les lots destinés à la connectique, un contrôle complémentaire de résistance de contact est réalisé pour s'assurer que la porosité du dépôt reste conforme au cahier des charges électrique du client.
Nos ateliers suisses et français collaborent sur les projets nécessitant une dorure spécifique, avec transfert des pièces sous certificat de circulation EUR.1 pour les échanges entre la Suisse et l'Union européenne. Les donneurs d'ordre horlogers de l'Arc jurassien bénéficient d'un enlèvement direct depuis leurs ateliers, tandis que les clients français peuvent centraliser leur sous-traitance dorure via notre hub lyonnais, avec un accompagnement documentaire complet sur les formalités douanières liées à l'exportation de composants en métal précieux. Le suivi de la matière précieuse elle-même — quantité d'or engagée par lot, rendement de dépôt, récupération des bains usagés — fait l'objet d'une comptabilité dédiée, un point de vigilance propre aux métaux précieux qui n'existe pas sur les autres filières de traitement de surface. Cette traçabilité matière s'ajoute à la traçabilité qualité classique et permet, sur demande, de fournir au client un bilan précis de la quantité d'or effectivement déposée sur son lot.
En horlogerie, la dorure électrolytique équipe aussi bien des boîtiers et bracelets entiers que de petits composants de mouvement (ponts, platines) où l'épaisseur reste volontairement fine pour ne pas altérer les tolérances mécaniques. En connectique électronique, c'est la résistance de contact et la stabilité dans le temps qui priment : un dépôt d'or dur allié au cobalt ou au nickel, plus résistant à l'abrasion que l'or pur, est privilégié sur les broches et connecteurs soumis à des cycles d'insertion répétés. En bijouterie, la demande porte souvent sur de petites séries voire des pièces uniques, avec une exigence de reproductibilité de nuance d'autant plus délicate à tenir que les volumes de bain traités sont faibles. Sur les composants médicaux implantables, la biocompatibilité de l'or et son inertie chimique en font une finition de choix, sous réserve d'une sous-couche nickel dont la composition doit rester conforme aux seuils réglementaires de relargage. Enfin, certains instruments scientifiques et optiques recourent à la dorure pour ses propriétés de réflexion infrarouge, un usage plus confidentiel mais qui partage les mêmes exigences de contrôle d'épaisseur strict.